Se faire coacher quand on est déjà coach : utile ou redondant ?
Comprendre le rôle du coach dans sa propre vie professionnelle
Être coach professionnel ne signifie pas être à l’abri des doutes, des blocages ou des besoins d’évolution. Au contraire, le métier exige une posture d’écoute, de questionnement permanent, et une capacité à évoluer soi-même pour mieux accompagner les autres. Alors, la question se pose : est-il pertinent pour un coach de se faire coacher ?
La réponse réside dans la distinction entre la posture de coach exercée auprès d’un client et la posture de client que le coach doit lui-même adopter lorsqu’il se fait accompagner. Ce basculement est souvent plus difficile qu’il n’y paraît. En fait, se mettre en position de vulnérabilité et recevoir un accompagnement personnalisé demande une ouverture d’esprit et un recul que le coach professionnel est parfois tenté d’esquiver.
Se faire coacher quand on est déjà coach, c’est donc avant tout reconnaître que le développement personnel et professionnel est un processus continu. Personne n’est jamais à 100 % « fini » dans son parcours, et tout coach bénéficie d’un regard externe pour approfondir sa pratique, clarifier ses objectifs, ou dépasser un obstacle. C’est une marque de professionnalisme.
Les bénéfices concrets du coaching pour un coach professionnel
Un coach qui choisit d’être accompagné peut espérer plusieurs bénéfices tangibles, qui vont bien au-delà d’une simple supervision technique.
- Renforcer sa posture professionnelle : Le coaching aide à prendre conscience de ses forces et de ses angles morts, afin d’adopter une posture plus congruente et impactante lors des séances.
- Gérer ses propres limites et émotions : Même les coachs expérimentés rencontrent des situations qui les touchent personnellement. Un coach-coach peut apprendre à mieux gérer ses émotions pour rester centré dans l’accompagnement.
- Développer de nouvelles compétences : Le coaching est aussi un espace d’exploration où l’on peut tester de nouvelles approches, affiner son écoute, ou expérimenter des outils innovants.
- Clarifier ses projets et ambitions : Un coach peut parfois se sentir bloqué ou en perte de motivation. L’accompagnement permet de redéfinir ses objectifs avec clarté et énergie.
Prenons l’exemple de Julie, coach en transition professionnelle. Après 5 ans d’expérience, elle sentait un certain essoufflement et une difficulté à renouveler sa créativité. En se faisant coacher, elle a pu identifier des croyances limitantes autour de sa légitimité et réactiver son envie d’apprendre avec des outils qu’elle n’avait jamais utilisés. Résultat : un regain d’énergie et une meilleure connexion avec ses clients.
Dissiper les idées reçues : coaching pour coach ne rime pas avec redondance
L’un des freins majeurs à l’idée de se faire coacher quand on est coach est la peur de la redondance ou du déjà-vu. Beaucoup pensent que ça ne leur apportera rien, puisque la posture du coach est censée offrir toutes les clés.
Or, ça confond deux réalités différentes. D’une part, le coaching dynamique repose sur une co-construction avec un tiers, qui apporte un regard neuf, des questions puissantes, et une structure adaptée à la situation personnelle du coach. D’autre part, pratiquer le coaching ne signifie pas maîtriser toutes les techniques d’auto-coaching ou d’autoréflexion.
Le coaching pour coach est un espace de créativité, d’introspection guidée et de feedback précis. C’est une démarche active et ciblée, qui évite les écueils de l’auto-analyse souvent biaisée.
Comment choisir le coach idéal quand on est soi-même coach ?
Se faire coacher en tant que professionnel du coaching demande une certaine vigilance dans le choix de son accompagnant. Voici quelques critères à considérer :
- Expertise complémentaire : choisir un coach qui apporte une spécialisation différente (ex : leadership, neurosciences, posture corporelle) pour enrichir sa pratique.
- Style et approche compatibles : le feeling et la confiance sont essentiels, surtout pour un coach habitué à mener les échanges.
- Discrétion et confidentialité garanties : la relation doit être un espace sécurisé pour exprimer ses vulnérabilités.
- Méthodologie éprouvée : vérifier que le coach utilise des outils et une démarche adaptés à votre niveau d’exigence.
Par exemple, un coach spécialisé en transitions pourra accompagner un coach en exercice souhaitant évoluer vers un nouveau secteur, tandis qu’un coach orienté développement personnel aidera à travailler sur la gestion du stress ou la confiance en soi.
Intégrer le coaching dans sa propre pratique : un cercle vertueux
Se faire coacher en tant que coach professionnel ne se limite pas à un bénéfice personnel isolé. C’est aussi un levier puissant pour améliorer la qualité de ses propres accompagnements. Voici pourquoi :
- Expérimenter la relation client de l’intérieur : ça permet de mieux comprendre les attentes et les résistances que vivent vos clients.
- Tester des outils en situation réelle : vous développez votre boîte à outils avec un regard critique et ajusté.
- Maintenir une posture d’apprentissage permanent : vous incarnez ce que vous prêchez : une dynamique d’évolution continue.
- Renforcer la légitimité et la crédibilité : votre expérience vécue enrichit vos interventions et inspire confiance.
Ainsi, un coach qui se fait coacher donne un message fort à ses clients : le développement est un chemin continu, et il n’y a pas de plafond de verre. C’est une source d’authenticité et d’efficacité.
En conclusion, se faire coacher quand on est déjà coach est loin d’être redondant. C’est une démarche volontaire, exigeante, mais profondément enrichissante. Elle permet d’affiner sa posture, de dépasser ses limites, et d’insuffler une nouvelle dynamique dans sa pratique professionnelle. Si vous êtes coach, oser vous faire accompagner pourrait bien être l’un des meilleurs investissements pour votre carrière et votre épanouissement personnel. N’hésitez pas à passer à l’action.

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